Quand on regarde la grille de LCI depuis la rentrée 2024, un nom revient sur plusieurs tranches horaires et plusieurs formats : David Doukhan. Ancien chef du service politique du Parisien-Aujourd’hui en France pendant cinq ans, éditorialiste sur Radio Classique chaque matin, il occupe désormais une place centrale sur la chaîne info du groupe TF1.
La question de savoir si Doukhan David penche du côté du journaliste engagé ou du simple observateur politique mérite qu’on s’arrête sur ce qu’il fait concrètement à l’antenne.
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Le parcours politique de David Doukhan avant LCI
David Doukhan commence sa carrière de journaliste politique en 2009. Il rejoint le service politique d’Europe 1 en 2013, où il suit l’Élysée et couvre la campagne présidentielle de 2017.
Sur Europe 1, il ne se contente pas de reporter. Il présente « Le Grand rendez-vous » le dimanche, puis le journal de 8h en semaine. Il dirige le service politique de la station tout en animant une interview politique quotidienne à 19h10, entre 2017 et 2019.
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Après Europe 1, il prend la direction du service politique du Parisien-Aujourd’hui en France. En parallèle, il intervient chaque matin en direct à 7h25 dans la matinale de Radio Classique pour un édito politique, et ce depuis 2021. On voit bien que chaque poste occupé par Doukhan relève de l’analyse politique, pas du reportage de terrain ou du fait divers.

Doukhan David sur LCI : des formats conçus pour le débat politique
À la rentrée 2024, David Doukhan rejoint LCI comme présentateur et rédacteur en chef de la tranche 18h-20h du vendredi et du samedi. Il co-anime aussi « L’événement du dimanche » aux côtés de Marie Chantrait, de 12h à 14h. TF1 Info présente ce programme comme un rendez-vous politique incontournable.
Depuis, son périmètre s’est élargi. Il récupère les matinées de LCI en semaine (9h-12h), en remplacement d’un autre présentateur. Il anime également « Cartes sur table », un format éditorial diffusé en semaine.
Un rôle de rédacteur en chef, pas seulement de présentateur
Le titre de rédacteur en chef associé à ses tranches horaires change la donne. Un présentateur lit et conduit des interviews. Un rédacteur en chef choisit les sujets, oriente les angles, valide les invités. Doukhan participe aux choix éditoriaux qui structurent l’information politique sur LCI.
On est loin du journaliste qui se contente de poser des questions et de laisser les politiques dérouler leurs éléments de langage. La multiplication des formats (tranche quotidienne, émission du dimanche, édito) confirme que la chaîne lui confie un rôle d’architecte de sa couverture politique.
L’édito politique : la frontière entre observation et engagement
Le format qui pose le plus franchement la question de l’engagement, c’est l’édito. Dans « Cartes sur table », David Doukhan signe des chroniques titrées « L’humeur de Doukhan ». L’un de ces éditos s’intitule « Bienvenue dans l’ère des pleutres », où il pointe les comportements des responsables politiques qui varient en fonction des crises traversées par le pays.
Ce titre seul suffit à montrer que le format ne relève pas de la neutralité descriptive. « Pleutres » est un jugement de valeur. On peut discuter de savoir si c’est du commentaire ou de l’engagement, mais l’édito politique assume une grille de lecture morale du jeu politique.
- L’édito de Doukhan ne défend pas un parti ou un programme, il évalue des comportements individuels de responsables politiques.
- Le ton est direct, parfois mordant, ce qui le distingue des analyses purement factuelles qu’on trouve dans les colonnes du Parisien.
- Le format « humeur » revendique explicitement la subjectivité, contrairement à un journal télévisé classique.
Les retours varient sur ce point : certains confrères y voient un éditorialiste qui assume ses convictions, d’autres un commentateur qui reste dans les limites du décryptage journalistique sans franchir la ligne de l’engagement partisan.

Journaliste engagé ou éditorialiste politique : où placer la limite ?
En France, la distinction entre journaliste engagé et éditorialiste n’est pas toujours nette. Un journaliste engagé milite pour une cause, soutient un camp, assume publiquement des positions programmatiques. Un éditorialiste analyse, commente et peut porter des jugements sans pour autant s’affilier à un parti.
Dans le cas de David Doukhan, aucune source ne documente d’affiliation politique, de mandat ou de déclaration programmatique. Il n’a pas signé de tribune partisane, il ne soutient pas publiquement de candidat, il ne participe pas à des meetings.
Ce que ses formats révèlent de son positionnement
On peut noter plusieurs indices concrets :
- La récurrence du format édito sur LCI montre que la chaîne valorise son point de vue personnel, pas seulement sa capacité à animer un plateau.
- Son passage de la presse écrite (Le Parisien) à la télévision d’opinion (LCI) marque un glissement vers un rôle plus interprétatif.
On se situe donc dans une zone intermédiaire. David Doukhan n’est pas un militant déguisé en journaliste. Il n’est pas non plus un présentateur neutre qui se contente de distribuer la parole. Il occupe la fonction d’éditorialiste politique, avec ce que cela implique de prise de position assumée dans le cadre d’un format identifié comme tel.
La place de David Doukhan dans le paysage politique médiatique français
LCI a construit une partie de son identité autour de l’éditorial politique. En confiant à Doukhan des tranches croissantes d’antenne, la chaîne fait un choix éditorial clair : miser sur un profil qui connaît les coulisses du pouvoir (Élysée, Matignon, partis) et qui sait les décoder avec un ton personnel.
Ce positionnement le place aux côtés d’autres figures du commentaire politique télévisé en France, dans un registre où l’on attend du journaliste qu’il éclaire le jeu politique avec un angle, pas qu’il se contente de le décrire.
Qualifier Doukhan David de « journaliste engagé » serait excessif au regard des faits disponibles. Le terme d’observateur, en revanche, minimise le rôle actif qu’il joue dans la mise en récit de la vie politique française. Éditorialiste politique avec un ton affirmé semble la description la plus fidèle de ce qu’on observe à l’antenne.

